M. C. Lamamie de Clairac

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L'art contemporain à Barcelone : Miró, Gaudí et l'abstraction géométrique

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La Fiancée, œuvre figurative de M. C. Lamamie de Clairac construite en aplats géométriques bleus et orangés, dont la fragmentation évoque la tradition moderniste catalane
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Gaudí et ses tours attirent les foules, mais Barcelone a aussi vu naître Miró et abrité les années de formation de Joaquín Torres-García — la même lignée qui a donné naissance à l'abstraction géométrique latino-américaine dans laquelle je me suis formée. Une autre façon de regarder la ville.

On vient à Barcelone pour les flèches de la Sagrada Família ou les bancs ondulés du Parc Güell, et on en repart souvent sans avoir vu grand-chose d'autre que Gaudí. C'est passer à côté d'une autre histoire, moins spectaculaire mais tout aussi déterminante pour qui s'intéresse à l'art abstrait : Barcelone a vu grandir Joan Miró, hébergé les années de formation de Joaquín Torres-García, et fait travailler ce dernier aux côtés de Gaudí lui-même — un fil qui, quelques décennies et un océan plus tard, a contribué à faire naître l'abstraction géométrique latino-américaine dans laquelle je me suis formée à Buenos Aires puis à São Paulo. Voici pourquoi la ville mérite d'être regardée aussi par ce prisme-là.

Un maillon oublié : Torres-García entre Gaudí et l'Uruguay

Peu de visiteurs le savent, mais le peintre uruguayen Joaquín Torres-García a grandi et s'est formé à Barcelone, où sa famille s'installe alors qu'il est enfant, à la toute fin du XIXe siècle. Jeune peintre, il y côtoie le mouvement noucentiste catalan et participe, aux côtés d'Antoni Gaudí, à des travaux décoratifs et de vitraux liés à ses grands chantiers, dont la Sagrada Família. Ce n'est qu'après son retour en Uruguay, dans les années 1930, que Torres-García formule le « constructivisme universel » (universalismo constructivo) : une abstraction géométrique fondée sur la grille, le signe et le symbole précolombien plutôt que sur le seul vocabulaire européen. Cette pensée irriguera directement les mouvements concret et Madí d'Argentine et du Brésil que j'évoque dans un précédent article sur l'abstraction géométrique latino-américaine — la même tradition dans laquelle s'inscrit ma propre formation.

Miró et Tàpies : deux enfants de Barcelone qui ont libéré la couleur et la matière

Né à Barcelone en 1893, Joan Miró y étudie le dessin avant de rejoindre Paris dans les années 1920, où il élabore un vocabulaire personnel d'aplats de couleurs primaires, de signes et de formes biomorphiques, à mi-chemin entre le surréalisme et l'abstraction pure. Trois décennies plus tard, un autre Barcelonais, Antoni Tàpies, invente une abstraction radicalement différente, faite de matière brute — sable, marbre broyé, toile déchirée — dans la veine de l'art informel européen. Les deux artistes n'ont jamais renié la ville : chacun y a fondé sa propre fondation, aujourd'hui ouverte au public.

Où voir l'art contemporain à Barcelone aujourd'hui

Au-delà de son patrimoine moderniste, Barcelone concentre une poignée de lieux incontournables pour qui veut prolonger cette histoire jusqu'à aujourd'hui :

  • La Fundació Joan Miró, sur la colline de Montjuïc, dans un bâtiment conçu par l'architecte et ami de l'artiste Josep Lluís Sert, qui conserve l'essentiel de son œuvre peinte, sculptée et tissée
  • Le MACBA (Museu d'Art Contemporani de Barcelona), ouvert en 1995 dans le quartier du Raval, dédié à la création contemporaine espagnole et internationale depuis les années 1950
  • Le Museu Picasso, installé dans plusieurs palais gothiques de la rue Montcada, qui retrace les années de formation barcelonaises du peintre plutôt que sa période cubiste la plus connue
  • La Fundació Antoni Tàpies, logée dans l'ancienne maison d'édition Montaner i Simon, un des premiers bâtiments modernistes de la ville
  • Les galeries privées du Raval et du quartier d'El Born, qui accueillent une scène plus jeune et plus expérimentale, en dialogue constant avec ce triple héritage
Ce que Gaudí a fait pour la pierre et le vitrail, Miró et Torres-García l'ont fait pour la couleur et la grille — libérer la forme pour qu'elle porte, seule, tout le sens de l'œuvre.

Barcelone et mon propre héritage géométrique latino-américain

Je n'ai, à ce jour, jamais exposé à Barcelone : mon parcours espagnol s'est jusqu'ici construit à Madrid, où j'ai présenté une sélection de mes toiles en décembre 2023 lors de l'exposition « Couleurs et Formes ». Mais la ville reste, pour moi, un jalon presque généalogique : c'est en partie grâce au passage de Torres-García par Barcelone, puis par l'Uruguay, que l'abstraction géométrique a pris en Amérique latine cette couleur et cette liberté de signe que j'ai retrouvées dans ma propre formation à Buenos Aires et São Paulo, et que je poursuis aujourd'hui à l'acrylique et au couteau. Vous pouvez découvrir mes œuvres géométriques et colorées dans la Collection complète, et suivre mes prochaines expositions en France, en Espagne et en Andorre sur la page Actualités.

Barcelone face à Madrid : deux scènes espagnoles, deux légitimités

Madrid, où j'ai exposé, s'organise autour de grands musées d'État et d'une foire internationale, ARCOmadrid, qui rythme chaque année son calendrier. Barcelone fonctionne autrement : sa scène contemporaine se lit à travers les fondations d'artistes nés dans la ville, Miró et Tàpies en tête, et à travers une histoire plus ancienne — celle de Gaudí, du modernisme catalan et de ce passage discret de Torres-García qui relie la ville à l'abstraction latino-américaine. Les deux capitales se complètent plus qu'elles ne se concurrencent pour qui veut comprendre l'art espagnol du XXe siècle dans son ensemble.

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Questions Fréquentes

Où voir de l'art contemporain à Barcelone ?+

La Fundació Joan Miró sur Montjuïc et le MACBA dans le Raval en sont les deux pôles principaux, complétés par le Museu Picasso et la Fundació Antoni Tàpies. Les galeries privées du Raval et d'El Born accueillent une scène plus jeune et expérimentale.

Quel est le lien entre Barcelone et l'abstraction géométrique ?+

Le peintre uruguayen Joaquín Torres-García a grandi et s'est formé à Barcelone, où il a collaboré avec Gaudí, avant de retourner en Uruguay et d'y formuler le constructivisme universel — une pensée qui a profondément influencé les mouvements concret et Madí d'Amérique latine.

Miró et Tàpies étaient-ils des peintres abstraits ?+

Miró a évolué à la frontière du surréalisme et de l'abstraction, avec des aplats de couleurs primaires et des formes biomorphiques ; Tàpies, lui, a développé une abstraction matiériste faite de matériaux bruts, proche de l'art informel européen. Les deux sont nés à Barcelone.

M. C. Lamamie de Clairac a-t-elle déjà exposé à Barcelone ?+

Pas encore : mon parcours espagnol s'est construit jusqu'ici à Madrid, où j'ai exposé en décembre 2023. Barcelone reste néanmoins une référence importante pour comprendre les racines de ma propre abstraction géométrique.

Faut-il visiter Barcelone pour comprendre l'abstraction géométrique latino-américaine ?+

Ce n'est pas indispensable, mais cela aide : c'est en partie dans cette ville que Torres-García s'est formé avant de développer, une fois rentré en Uruguay, les idées qui ont ensuite nourri l'abstraction géométrique en Amérique latine.

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Parcourez la collection complète des peintures abstraites originales de M. C. Lamamie de Clairac.

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